Un film de Roland Joffé sur la figure de josémaria Escriva
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Le fondateur du groupe catholique Opus Dei au centre d’un film

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Mike Collett-White LONDON Wed Nov 4, 2009 4:27pm EST

Article original publié chez Reuters http://www.reuters.com/article/idUSTRE5A32Z820091104

Si l’Opus Dei est sorti un peu secoué dans le film basé sur le roman de Dan Brown « le Da Vinci Code », il semble se préparer à être montré de façon nettement plus sympathique dans un autre film dont le sujet est l’organisation catholique.

Le metteur en scène britannique Roland Joffé, connu grâce à sa victoire aux Oscars pour « Les champs de braise » et « Mission », est en train de tourner « There Be Dragons », un film dont l’action se déroule pendant la Guerre d’Espagne, et qui se centre sur une partie de la vie du fondateur de l’Opus Dei José Maria Escriva.

Le tournage est terminé, et Joffé est maintenant dans les salles techniques pour le montage du film, dont l’une des actrices est la James Bond girl Olga Kurylenko, qui se prépare à monter sur les planches à l’automne 2010.

Joffé a tout d’abord pensé refuser un projet qui, à cause de son thème religieux et de la controverse liée à l’Opus Dei, promettait d’être bien plus précis que le film moyen.

Dans le Da Vinci Code, l’Opus Dei était représenté comme une société secrète qui n’hésitait pas à tuer pour préserver un secret gardé par l’Eglise Catholique, et vieux de 2000 ans. L’Opus Dei a également été critiqué par les libéraux de l’Eglise, qui suspectaient son pouvoir ainsi que par d’anciens membres, parlant de coercition et de mortification corporelle.

Mais après avoir vu une vidéo d’Escriva s’adressant à une large foule, Joffé a changé d’avis. Dans ce film, une jeune fille juive demandait au prêtre, canonisé en 2002, si elle devait se convertir au catholicisme. Sachant que cela énerverait ses parents, Escriva lui a répondu non.

« L’une des choses qui m’a impressionné chez José Maria est qu’il voit que la sainteté ne demande pas de se retirer du monde dans un ordre religieux, ni de devenir prêtre », dit Joffé au cours d’une récente conférence de presse.

« Car finalement, la sainteté, les actes saints peuvent être réalisés par des gens tout à fait ordinaires dans leur vie de tous les jours, ce qui à l’époque était une idée plutôt radicale ».

Un film de Propagande ?

L’Opus Dei (« l’Œuvre de Dieu ») enseigne aux catholiques de rechercher la sainteté à travers leur travail. L’organisation conservatrice catholique a été fondée en 1928, et comporte environ 85.000 membres, dont 2000 sont prêtres.

Plutôt que de faire une vie romancée d’Escriva, Joffé a écrit un script dans lequel le prêtre est entouré de personnages de fiction et qui traite des sujets universels tels que l’amour, la trahison et la rédemption.

Le budget du film (30 millions de $) vient d’un ensemble regroupant différent média, ainsi qu’une centaine d’investisseurs conduits par le producteur Ignacio Sancha, un homme d’affaires espagnol membre de l’Opus Dei. Sancha a également fourni à Joffé un membre important de l’Opus Dei pour le conseiller.

Mais en dépit d’une sympathie affichée pour les enseignements d’Escriva, ainsi que du support logistique et financier des membres de l’organisation, Joffé a rejeté l’idée de faire de « There be dragons » un film de propagande pour l’Opus Dei.

« lorsque je l’ai écrit, j’ai dit aux producteurs, dont l’un est membre de l’Opus Dei : « serai-je libre d’écrire ce que je veux ? » Il m’a répondu que la seule raison pour laquelle ils m’avaient choisi est que j’étais libre d’écrire ce que je voulais ».

Sancha l’a reconnu : « Roland ne se serait jamais impliqué dans un film de propagande, de droite ou de gauche », a-t-il déclaré à Reuters.

Propagande ou pas, There be Dragons sera bien accueilli par les membres de l’Opus Dei, qui ont le sentiment que leur organisation a été à tord maltraité à cause d’idées fausses venant de la culture populaire.

« pendant un temps, j’ai pensé que l’Opus Dei était une société secrète », a déclaré Sancha, précisant qu’il avait rejoint le groupe à l’age de 20 ans environ.

« J’étais un peu fatigué d’entendre d’un coté que le groupe était une société secrète, et de l’autre qu’il était fanatique. Je suis allé les voir et ils m’ont donné accès à tout, et je suis arrivé à la conclusion qu’il ne s’agissait pas d’une société secrète, mais d’une des parties les plus modernes de l’Eglise Catholique ».

Joffé a déclaré que l’influence de l’Opus Dei était exagérée.

« Comment pourrait-il avoir de l’influence ? Il, pourrait avoir de l’influence dans l’Eglise, je suppose. J‘ai donc vérifié combien ils avaient de cardinaux, et je pense qu’il n’y en a qu’un ».

(Editing by Paul Casciato)